Transition numérique, digitalisation et plaisir au travail

Transition numérique, digitalisation et plaisir au travail – Mai 2020 – Par Nicolas GOUBKINE Consultant et directeur du cabinet Humanum Est consultants – Président de Réseau Eval – Chargé de cours à l’université d’Aix Marseille en évaluation, management et accompagnement du changement.

La transition numérique ou digitalisation, ou encore « informatisation » pour utiliser un terme plus ancien, suppose des modifications parfois importantes du travail.

« Le travail n’est pas seulement l’activité incontournable mais le lieu d’un enjeu identitaire » (Barus Michel &Al ;1996 ;p17) , aussi un professionnel a des habitudes, des stratégies, une manière singulière de travailler et d’investir son travail. Il sait affronter les tâches difficiles et s’est construit un certain « sens au travail » une signification des tâches qui lui permet de les effectuer en y mettant de l’attention et de l’engagement.

C’est tout cela qui est bousculé quand on « informatise » quand, on digitalise. On modifie les process, les procédures et cela touche à l’organisation du professionnel, cela touche son agir, et pour reprendre un terme plus exact, cela touche son activité : « tout ce que fait, dit, pense et ressent l’acteur en train d’agir» (Vial, M, Vocabulaire des RH sur le site www.michelvial.com) Confronté à ces changements, le professionnel doit apprendre et réussir à préserver l’essentiel, la valeur, ses habilités et la richesse des tâches qu’il accomplissait.

La transition numérique demande des efforts et sa réussite demande que l’on sache prendre en compte cette dimension intime du rapport que chaque professionnel entretien avec son travail. L’enjeu du plaisir au travail et de l’aise au travail se trouve à cet endroit. Préserver ce plaisir, cette aise est un des enjeux forts des transitions numériques, il n’en va pas seulement de la santé du professionnel, mais de la réussite de l’entreprise. En effet, l’exploration du ressenti de plaisir au travail montre que cette émotion contient bien plus qu’un simple contentement. Comme le dit Imbert : « Le plaisir au travail est lié a l’action, mais pas à n’importe quelle action : celle que la personne puisse reconnaître comme sienne, […] qui réponde au double enjeu de la relation au travail, celui de trouver du sens à cette action et d’en tirer une double reconnaissance, à la fois à ses propres yeux (en termes d’image de soi) et aux yeux des autres » (Imbert, 1985,p112)

Bibliographie

Barus-Michel, J., Giust-Desprairies, F., Ridel, L. (1996) Crises, approche psychosociale clinique. Paris : Desclée de Brouwer, p.17

Imbert, F. (1985) Pour une praxis pédagogique. Vigneux : Matrice, p.112.

 

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