La multi référentialité, une force pour analyser les situations complexes.

Le concept de multiréférentialité a été parlé par Jacques Ardoino, mais c’est aussi ce que désigne partiellement Edgard Morin quand il parle de complexité.

De quoi s’agit il? Quand on analyse une situation simple, on s’efforce d’expliquer ce qui se passe : pourquoi c’est arrivé, quelles sont les raisons de cette situation, etc…

Si une personne est spécialiste de Lacan, ses connaissances déterminent les constats qu’elle va faire, la manière dont elle va analyser les situations.

La multiréférentialité, c’est l’aise avec laquelle une personne peut convoquer différents champs de savoir pour interroger et interpréter les situations. Si par exemple un salarié commet une erreur, il serait dommage de se  limiter à une seule interprétation.

La multiréférentialité permet également d’être à l’aise dans le non savoir. Quand on ne comprend pas une situation ou qu’un comportement nous échappe, la multiréférentialité permet d’admettre ces zones de non savoir et de les travailler pour faire des avancées, mais elle permet également d’avoir une lecture plus riche à partir de plusieurs champs de savoir différents.

Une formation à la multiréférentialité permet non pas de connaitre tous les champs de savoir, mais de savoir interroger les situations selon différents points de vue pour donner des explications variées et forcément plus riches.

Sans la multiréférentialité, on s’en tient à ce que l’on sait et l’interprétation que l’on fait des situations est forcément rétrécie

Je discutais récemment avec une amie infirmière qui me parlait de certaines interventions en bloc opératoire. Les meilleurs chirurgiens – disait elle- sont ceux qui savent mettre leur savoir en retrait pour « inventer » une solution optimale pour le patient. Ces chirurgiens font oeuvre de génie car ils ont l’intelligence de se détacher des protocoles pour aller interroger la situation spécifique qui se présente à eux.

Le savoir, quand il est érigé en grille de lecture unique et unilatérale du réel, conduit à l’expertise. Admettre la multiréférentialité c’est enrichir sa réflexion de champs de savoirs à priori étranger à ses connaissances, savoir entendre le doute chez l’autre, admettre de questionner au lieu d’avoir des certitudes.

 

 

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