La multi référentialité, une force pour analyser les situations complexes.

Définition

  • Le concept de multiréférentialité vient de Jacques Ardoino, mais aussi partiellement d’Edgard Morin quand il parle de complexité.
  • De quoi s’agit il : quand on rencontre une situation on peut facilement décrire la situation, dire pourquoi c’est arrivé, quelles sont les causes, les effets… Les savoirs que l’on possède agissent comme une grille de lecture de ce qui se passe : si une personne connait la psychanalyse ses connaissances vont lui permettre de voir certaines choses, de les interpréter et  analyser la situation. De mème si la voiture ne démarre pas le matin, le savoir permet de savoir d’ou ca vient et ce qu’il faut faire pour régler le problème.
  • La multiréférentialité, c’est utiliser plusieurs champs de savoir pour observer un fait social, une situation, une relation. Si quelqu’un connait la PNL (programmation neuro linguistique) et la psychanalyse, il va avoir deux référentiels pour comprendre ce qui se passe.

Ethique et multiréférentialité

La lecture des faits sociaux ne peut se limiter à un seul champ de savoir. Généralement on convoque plusieurs champs de savoir pour s’assurer de ne pas confisquer la compréhension selon une seule grille de lecture. Comprendre ce que recouvre la multiréférentialité permet également de convoquer d’autres grilles de lectures non connues et d’accueillir les grilles de lecture des autres.

  • La multiréférentialité permet également d’être à l’aise dans le non savoir. Quand on ne comprend pas une situation ou qu’un comportement nous échappe, la multiréférentialité permet d’admettre ces zones de non savoir et de les travailler pour faire des avancées, mais elle permet également d’avoir une lecture plus riche à partir de plusieurs champs de savoir différents.
  • Une formation à la multiréférentialité permet non pas de connaitre tous les champs de savoir, mais de savoir interroger les situations selon différents points de vue pour donner des explications variées et forcément plus riches.
  • Sans la multiréférentialité, on s’en tient à ce que l’on sait et l’interprétation que l’on fait des situations est forcément rétrécie
  • Je discutais récemment avec une amie infirmière qui me parlait de certaines interventions en bloc opératoire. Les meilleurs chirurgiens – disait elle- sont ceux qui savent mettre leur savoir en retrait pour « inventer » une solution optimale pour le patient. Ces chirurgiens font oeuvre de génie car ils ont l’intelligence de se détacher des protocoles pour aller interroger la situation spécifique qui se présente à eux.
  • Le savoir, quand il est érigé en grille de lecture unique et unilatérale du réel, conduit à l’expertise. Admettre la multiréférentialité c’est enrichir sa réflexion de champs de savoirs à priori étranger à ses connaissances, savoir entendre le doute chez l’autre, admettre de questionner au lieu d’avoir des certitudes.

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