Réconcilier performance et plaisir au travail : la performance heureuse existe t-elle?

La performance décriée :

Il va de soi pour un grand nombre de personnes que la recherche de la performance économique crée des victimes humaines, dégrade l’environnement, néglige les besoins fondamentaux des sociétés et des citoyens, bref, la performance économique serait anti républicaine, anti sociale…

Visées de l’article : interroger les condition d’une performance heureuse

Mais cette idée est elle si juste? Existe t il une performance heureuse? Peut on réfléchir à l’économie des moyens et à l’atteinte des résultats tout en contentant l’ensemble des parties prenantes?

Cet article se veut un début de réflexion sur le sujet, sans pour autant épuiser cette réflexion.

Un exemple évident de performance heureuse : la victoire.

L’idée la plus simple de la performance joyeuse, c’est de remporter la victoire lors d’un match de foot. Tout le monde se réjouit de cette performance accomplie : joueurs, entraineurs, supporters, spectateurs, et même parfois les adversaires !

Que les adversaires se réjouissent de la victoire du meilleur, c’est finalement le critère ultime du beau jeu. Les adversaires bien que vaincus reconnaissent le talent du vainqueur, la supériorité de leur adversaire, et considèrent leur défaite comme une occasion de s’améliorer.

Les règles d’une performance heureuse ?

Mais pour qu’une performance aboutisse au respect des adversaires, elle se doit de respecter des règles qui rendent cette performance « heureuse ».

Nous verrons que cet exemple sportif est très instructif pour organiser une performance heureuse et durable pour les organisations professionnelles, publiques ou privées.

Tout d’abord, la « performance heureuse » s’envisage donc dans un respect de certaines règles, dans le cas d’une victoire sportive, ce sont les règles du jeu.

Tout d’abord, si la victoire s’appuie sur des règles justes. En effet, si le règlement sportif est légitime, reconnu et appliqué, c’est un facteur de performance heureuse.

Le deuxième critère, c’est que les fruits de cette performance ne servent pas les avantages de certains au détriment d’autres.

Le troisième critère, c’est que la réalisation de cette performance se fasse dans le respect des règles de bien-être des sportifs

quatrième critère, c’est que cette performance sportive soit le reflet de valeurs fondamentales : en effet, on imagine mal un match de foot gagné sur la base du mensonge, de pots de vins ou de  malversations. Si cette performance est « exemplaire » des valeurs qui importent, alors elle est portée, habitée et soutenue par l’ensemble des personnes qui se reconnaissent dans cet exploit.

On imagine mal également que cette réussite se fasse sur la base du harcèlement d’un joueur, ou de pressions inappropriées exercées par le manager sur l’équipe. On serait heureux de savoir que la performance est le résultats des efforts de chacun en fonction de ce qu’il peuvent donner : une performance respectueuse des spécificités de chacun.

On serait heureux également que cette performance soit le résultats de jeux relationnels sains au seins de l’équipe. Qu’il ait respect, dialogue, un minimum de camaraderie et de la solidarité.

On imagine mal aussi que cette performance vienne piétiner d’autres valeurs importantes comme la famille, l’éducation, ou d’autres choses qui importent.

Pour les organisations, quelle application de ces règles?

La performance heureuse – on le voit – n’est pas l’application mécanique de ces règles, mais une réflexion dynamique agile, inspirée des caractéristiques de la situation. Cela suppose d’étudier les caractéristiques de la situation, ce que cette situation a de commun avec ce qui est déjà connu, mais aussi ce qu’elle a de singulier, d’inédit. Sachant que chaque situation a quelque chose d’inédit, et qu’une approche « située » suppose qu’il faut s’impliquer pour connaitre.

Des objectifs partagés négociés, et re-négociables : la performance heureuse se voit comme un engagement de chacun pour réaliser des objectifs, mais aussi comme une possibilité de rediscuter les objectifs et les obstacles rencontrés. La fixation d’objectifs se doit d’être une réflexion dynamique et souple, visant à soutenir et à aider chaque membre de l’équipe en discutant des moyens, du temps, et de l’équilibre performance / bien-être.

La performance heureuse dans les services publics, une utopie?

Les règles d’une performance respectueuse des professionnels et des objectifs de l’organisation doivent émerger d’un dialogue au sein des équipes. Si le respect des durées négociées de travail est essentiel, cela suppose aussi que les objectifs fixés à l’administration soient réalistes.

(A suivre)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *